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Comment traverser un deuil : comprendre et avancer à votre rythme

il y a 3 jours
7 min de lecture


RÉPONSE DIRECTE


Traverser un deuil, c'est apprendre à vivre avec une absence, pas à l'effacer. La peine ne suit pas nécessairement une progression régulière : elle peut revenir par vagues et prendre une forme différente selon la personne, le lien perdu et les circonstances. Il n'existe ni délai universel ni étapes obligatoires. Quelques repères peuvent toutefois soutenir le quotidien : préserver les besoins de base, alléger ce qui peut l'être, accepter une aide concrète, garder une place pour les souvenirs et demander du soutien lorsque le poids devient difficile à porter.

Après un décès, le monde extérieur continue souvent à avancer : les démarches s'accumulent, les proches reprennent leurs activités et les conversations changent. Pour la personne endeuillée, les repères peuvent pourtant rester profondément bouleversés.

Cet article ne propose pas de méthode pour « réussir » un deuil. Il offre plutôt des repères pour comprendre certaines expériences possibles, traverser le quotidien avec davantage de douceur et savoir vers quelles ressources se tourner si le besoin s'en fait sentir.


Le deuil suit-il vraiment des étapes ?


EN BREF


Le modèle des cinq étapes — déni, colère, marchandage, tristesse et acceptation — est très connu. Il a toutefois été élaboré à partir du vécu de personnes confrontées à leur propre fin de vie, et non comme un parcours obligatoire pour les personnes endeuillées. Ces mots peuvent aider certaines personnes à décrire ce qu'elles ressentent, mais le deuil ne suit pas nécessairement cet ordre et ne se conclut pas par une étape finale.

Il est fréquent de comparer son expérience à ce que l'on pense devoir ressentir : ne pas avoir été en colère, retrouver une peine intense après une période plus calme ou ressentir plusieurs émotions contradictoires dans la même journée.

Ces variations ne permettent pas, à elles seules, de conclure qu'un deuil se déroule « mal ». Une date, une odeur, une chanson, un lieu ou un événement familial peuvent faire revenir une émotion que l'on croyait plus éloignée.

Plutôt que d'imaginer une succession d'étapes, il peut être plus juste de penser à des vagues dont la fréquence, l'intensité et la place dans le quotidien peuvent évoluer avec le temps.


Ce qu'un deuil peut faire vivre


Le deuil ne se résume pas à la tristesse. Les réactions varient beaucoup d'une personne à l'autre et peuvent aussi changer d'une journée à l'autre.

Certaines personnes remarquent de la fatigue, un sommeil perturbé, un appétit différent ou des sensations physiques inhabituelles. Ces manifestations peuvent avoir plusieurs causes et méritent une attention particulière si elles vous inquiètent ou persistent.

La concentration peut être plus difficile : oublier un rendez-vous, perdre le fil d'une conversation ou avoir besoin de relire plusieurs fois la même information peut arriver dans une période où beaucoup d'énergie est mobilisée par la perte.

La colère peut apparaître contre la situation, la personne décédée, le système de santé, soi-même ou sans cible précise.

La culpabilité peut prendre la forme de questions répétées sur ce qui aurait pu être dit, fait ou remarqué autrement. La présence de cette émotion ne signifie pas que vous êtes réellement responsable.

Le soulagement peut aussi être présent, notamment lorsqu'une période de maladie, de souffrance ou de proche aidance a été longue. Il peut coexister avec l'amour et la peine.

Aucune de ces réactions n'est obligatoire. Certaines seront très présentes, d'autres pas du tout. L'important est moins de comparer votre expérience à une liste que d'observer ce dont vous avez besoin aujourd'hui.


5 repères pour traverser les premières semaines et les premiers mois


À RETENIR


Préserver quelques besoins de base, alléger ce qui peut l'être, accepter une aide concrète, garder la possibilité de parler de la personne disparue et reporter certaines décisions importantes lorsque c'est possible. Ces repères ne font pas disparaître la peine : ils visent surtout à rendre le quotidien un peu plus soutenable.


1. Préserver quelques besoins de base


Le sommeil, les repas et le mouvement peuvent être perturbés après une perte. Sans viser une routine parfaite, conserver quelques repères simples peut aider à structurer les journées. Si des changements physiques ou un épuisement vous préoccupent, il peut être pertinent d'en parler à une ressource de santé.


2. Alléger ce qui peut l'être


Une période de deuil peut laisser moins d'énergie disponible pour les obligations habituelles. Lorsque votre situation le permet, reporter une tâche non urgente, réduire certains engagements ou décliner une invitation peut créer un peu d'espace.


3. Accepter une aide concrète


Les proches souhaitent parfois aider sans savoir quoi proposer. Une demande précise — préparer un repas, accompagner une démarche, faire une course ou appeler à un moment difficile — peut rendre le soutien plus facile à offrir et à recevoir.


4. Vous donner le droit de parler de la personne disparue


Certaines personnes souhaitent raconter, nommer et se souvenir; d'autres préfèrent ne pas en parler à certains moments. Vous pouvez indiquer à votre entourage ce qui vous convient, sans devoir protéger constamment les autres de votre peine.


5. Reporter certaines décisions majeures lorsque c'est possible


Un décès peut entraîner des décisions administratives, financières ou familiales qui ne peuvent pas attendre. Pour les choix qui peuvent être différés — par exemple un changement important de mode de vie — vous pouvez vous donner du temps si cela vous semble préférable. Il ne s'agit pas d'une règle, mais d'un repère à adapter à votre réalité.


Chaque deuil est différent


Le lien perdu, les circonstances du décès, l'histoire de la relation, les responsabilités qui suivent et le soutien disponible influencent la manière dont une perte est vécue. Deux personnes d'une même famille peuvent donc traverser le même décès de façons très différentes.


Un décès soudain ou un décès attendu

Un décès soudain peut laisser peu de temps pour se préparer aux changements qui suivent. Lorsqu'une maladie s'est prolongée, la personne endeuillée peut avoir vécu une longue période d'incertitude, de responsabilités ou de fatigue avant le décès. Dans les deux cas, les réactions restent très individuelles et ne peuvent pas être prédites à partir des seules circonstances.


Le deuil après un suicide

Après un suicide, certaines personnes se retrouvent avec des questions sans réponse, des « si seulement » ou un sentiment de responsabilité. Le regard de l'entourage peut également rendre la situation plus difficile à partager. Il peut être particulièrement important de ne pas rester sans soutien avec ce poids et de chercher un accompagnement adapté à cette réalité.

Aucune explication simple ne permet de résumer un suicide ni d'attribuer à un proche la responsabilité de ce qui s'est produit. Si cette perte fait naître chez vous des pensées suicidaires ou une inquiétude immédiate pour votre sécurité, utilisez les ressources indiquées plus bas dans cet article.


Après avoir été proche aidant

Lorsqu'un décès survient après une période de proche aidance, la perte peut aussi modifier profondément l'organisation des journées et le rôle occupé depuis des mois ou des années. Certaines personnes ressentent de la fatigue, du vide, du soulagement ou plusieurs de ces expériences à la fois. Un soutien qui tient compte de la réalité des proches aidants peut être pertinent.


Les deuils que l'entourage reconnaît moins

Certaines pertes reçoivent moins de reconnaissance sociale : la mort d'un animal, une grossesse interrompue, le décès d'un ami, d'une ancienne relation ou d'une personne avec qui le lien était peu connu de l'entourage. Le niveau de soutien reçu ne détermine pas l'importance de la perte pour vous.

La fin d'une relation amoureuse peut elle aussi entraîner un vécu de perte important. L'article sur les façons de surmonter une rupture amoureuse aborde spécifiquement cette transition.


Quand le deuil prend toute la place


Il n'existe pas de date après laquelle il faudrait avoir « tourné la page ». Le temps écoulé, à lui seul, ne permet pas de déterminer ce dont une personne devrait être capable.

Il peut néanmoins être utile de chercher davantage de soutien lorsque vous avez l'impression que le quotidien devient très difficile à maintenir, que l'isolement s'installe, que vous ne trouvez plus d'espace en dehors de la perte ou que ce que vous vivez vous inquiète.

Ces observations ne constituent pas un diagnostic. Elles peuvent simplement indiquer qu'un soutien extérieur ou une autre ressource mérite d'être envisagé.


POINT DE VIGILANCE


Un deuil peut s'accompagner de pensées très sombres. Si vous pensez au suicide, ou si vous vous inquiétez pour une personne de votre entourage, du soutien gratuit et confidentiel est accessible immédiatement, 24 heures sur 24.

Au Québec : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) par téléphone, 53 53 53 par texto, ou par clavardage sur suicide.ca. Le numéro 988 mène également à ces services.

Pour un soutien psychosocial général, Info-Social est joignable en composant le 811 (option 2). En situation de danger immédiat, composez le 911.


Se faire accompagner dans un deuil


Parler à une personne extérieure peut offrir un espace où il n'est pas nécessaire de rassurer son entourage, de trouver les bons mots ou de suivre un calendrier. Certaines personnes souhaitent parler de la personne décédée; d'autres ont surtout besoin d'aborder les changements concrets, la solitude ou ce que cette perte fait remonter.

Le soutien au deuil et à la séparation peut accompagner cette traversée à votre rythme. J'accompagne notamment les personnes touchées par un deuil après un suicide et les proches aidants.

Selon ce que le deuil fait émerger, un accompagnement individuel peut également porter sur une relation restée inachevée, des limites, une culpabilité persistante ou d'autres pertes qui reprennent de la place.


LE CADRE DE MON ACCOMPAGNEMENT Attention si l,article 3 n’est pas publié avant celui-ci (à vérifier)


Comme thérapeute en relation d'aide, je ne pose pas de diagnostic et je n'offre pas de psychothérapie. Mon rôle est de vous accompagner par l'écoute et des outils concrets, ou de vous orienter vers une ressource plus appropriée si votre situation le nécessite. 


Avancer à votre rythme


Traverser un deuil ne signifie pas oublier la personne décédée ni cesser de lui accorder une place. Avec le temps, certaines personnes trouvent une manière différente de rester en lien avec les souvenirs tout en redonnant progressivement de l'espace aux autres dimensions de leur vie.

Il n'existe pas de rythme à comparer à celui des autres. Votre façon de vivre cette perte ne mesure ni la profondeur du lien ni l'importance de la personne disparue.

Si le poids devient difficile à porter et que vous souhaitez en parler, vous pouvez prendre rendez-vous pour un appel exploratoire gratuit, sans engagement, à mon bureau de Saint-Jérôme ou en ligne partout au Québec.


 
 
 

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Sylvie St-Marseille

 

Thérapeute en relation d'aide

Un accompagnement humain, à Saint-Jérôme et en ligne.

©2026 par Sylvie St-Marseille

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